#1 Newsletter En Profondeur : Marseille - Rennes
La première de la newsletter En Profondeur est une analyse tactique du 16ème de coupe de France Marseille-Rennes. Au sein d’un Vélodrome encore à guichets fermés, les Marseillais se sont imposés 1-0 face au Stade Rennais.
Marseille commence avec son équipe type sauf quelques changements tels que C.Under et N.Tavares aux postes de pistons droit et gauche et L.Balerdi en défenseur central droit à la place de C.MBemba.
Côté Rennais, Genesio conserve son 3-4-3 utilisé contre le PSG. 2 changements à noter dans le 11 qui a débuté face au Paris St-Germain avec D.Alemdar dans les cages à la place de S.Mandanda. B.Bourigeaud remplace A.Kalimuendo dans un rôle de numéro 10, Gouiri prenant l'axe.
Dans cette première newsletter, nous aurons un focus plus particulier sur la tactique marseillaise. Nous analyserons l'animation offensive et défensive de l'OM durant ce match ainsi que les points forts des hommes d'Igor Tudor.
Pau Lopez est très présent dans cette phase de jeu. Il doit vite prendre ses décisions. Cette première passe est la clé car elle permet de donner du temps aux joueurs à la réception. Pau Lopez et sa défense n’ont pas peur de faire tourner plusieurs fois le ballon dans leurs 30 derniers mètres avant de trouver le décalage en vue de trouver un joueur pouvant progresser balle au pied ou trouver un joueur, plus haut, dans un espace libre.
Deux variantes apparaissent clairement sur ces phases de jeu :
La plus commune s’effectue avec L.Balerdi et S.Kolasinac placé assez large, S.Gigot se décalant légèrement côté droit (sur son bon pied) pour pouvoir être face au jeu et relancer facilement.
Mais ce n’est pas tout, c’est le 4ème joueur marseillais, qui en décrochant, crée le décalage.
Ce joueur est le plus souvent V.Rongier mais les Marseillais ont bien compris la nécessité d’alterner ces joueurs. J.Veretout, M.Guendouzi sont alors parfois à l’origine de ce décrochage.
M.Guendouzi évoluant dans une position assez libre se charge d’occuper les espaces libres créés par ces décalages. Ce qui explique pourquoi il se retrouve parfois à une position ne correspondant pas à son positionnement de départ.
La deuxième variante est celle d’une sortie de balle telle une équipe en 4-3-3. L.Balerdi prenant le côté droit. S.Gigot l’axe droit, S.Kola l’axe gauche et N.Tavares le couloir gauche. Encore une fois le 4ème joueur, le plus souvent V.Rongier vient décrocher entre les 2 centraux pour créer le surnombre.
Si toutes les portes sont fermées, Marseille n’hésite pas à sauter une ligne pour trouver le plus souvent Alexis Sanchez dans les pieds qui grâce à sa force technique peut rejouer face à lui avec C.Under, R.Malinovsky, M.Guendouzi et parfois J.Veretout.
Le but étant de mettre ses joueurs dans leurs meilleures dispositions.
Under serait contrarié pour relancer en poste de latéral droit sur cette animation à 4. Malgré un pied droit correct, ses relances face au jeu pied droit seraient approximatives, celle pied gauche serait trop stéréotypée et donc sans intérêt.
Cela créerait un pressing intense de la part des Rennais et de possible perte de balle dangereuse.
Le jeu direct, avec une prise de profondeur de la part de Sanchez, ou des latéraux. L’intention est d’amener le ballon dans la surface adverse le plus vite possible. Le bloc marseillais se rendant à vive allure dans le camp Rennais afin de finaliser une action ou de récupérer un deuxième ballon plus haut sur le terrain pour marquer.
La construction, avec un bloc marseillais placé très haut. Presque tous les joueurs marseillais dans le camp rennais. Cette phase est intéressante, et une fois de plus il existe plusieurs variantes dans l’occupation de l’espace.
Première variante classique avec des pistons touchant les lignes de touches permettant d’ouvrir les espaces. Les Marseillais alternent entre jeu latéral et passe tranchante à l’intérieur du jeu permettant de trouver le décalage.
Les variantes plus subtiles :
L’occupation de l’espace intérieur par les joueurs de couloirs, créant surnombre et déséquilibre dans les défenses adverses. Under et Tavares se retrouvent parfois à l’intérieur du jeu, aux abords de la surface, voire dans la surface. Le couloir libre étant occupé cette fois-ci le plus souvent par Veretout et Guendouzi côté gauche, Malinovsky ou M’bemba côté droit. Lors de ce match contre Rennes, ces phases de jeu ont été plus flagrantes côté gauche.
Lors des ressortis de balle marseillaise, il est intéressant que les joueurs couloirs soient sur leur bon pied pour pouvoir relancer et jouer face au jeu.
Dans les 30 derniers mètres, cette configuration est inversée. Les joueurs couloirs doivent progresser vers l’axe du but. C’est à ce moment que les pieds inversés sont utiles. Under/Malinovsky, Guendouzi/Veretout ont pour but de provoquer vers le but et de créer le danger. Ils peuvent à tout moment armer une frappe et être décisif car ils sont sur leurs bons pieds.
Dernier point à évoquer sur l’animation offensive et défensive marseillaise, la récupération rapide du ballon, le plus haut possible.
Il n’est pas utile d’attendre d’être dans sa surface pour récupérer un ballon, et ça les Marseillais l’ont bien compris. Récupérer le ballon haut c’est maximiser ses possibilités de mettre l’équipe adverse en danger. Récupérer le ballon le plus rapidement possible permet de sécuriser la possession du ballon. Sans le ballon une équipe ne peut pas marquer. De plus, cela permet d’économiser des efforts considérables car il est plus difficile de récupérer le ballon lorsque l’équipe adverse est en place que lors de ses phases de transitions.
Voici les préceptes de ce que l’on nomme le “gegenpressing” ou contre-pressing en français. Ce concept est aujourd’hui l’un des styles de jeu les plus en vogue dans la sphère footballistique. Édifié par Ralf Rangnick lors de son passage au RB Leipzig en 2015, ce style de jeu a atteint sa magnificence sous l’ère Jurgen Klopp du FC Liverpool à partir des années 2017/2018. Symboles de cette équipe, des joueurs tels que Jordan Henderson, James Milner ou Bobby Firmino ont montré au monde entier les bénéfices d’un dévouement total au collectif et aux individualités qui caractérisaient ce Liverpool de Jürgen Klopp. Ce style de jeu nécessite un effectif composé de joueurs pouvant répéter les courses à haute intensité durant 90 min ainsi qu’un niveau technique suffisant pour permettre d’être efficace dans les 2 surfaces.
Ce qu'il faut bien comprendre est que la force du collectif marseillais est une occupation totale de l'espace. Avec des décrochages et des prises de profondeur permettant d'ouvrir les espaces dans le but de donner plusieurs possibilités au porteur du ballon. Bien évidemment la face Marseillaise n'est pas que tactique. Techniquement les joueurs sont appliqués et sûrs de leurs forces. C'est ce talent technique qui renforce cette impression d'assurance marseillaise. Pour ce qui est de la concrétisation de leur action, malgré de nombreuses occasions créées, la force physique de l'OM leur permet de répéter les efforts et de faire craquer leur adversaire sur le long terme.
Après une domination marseillaise presque totale durant les 35 premières minutes, les débats se rééquilibrent.
La facilité technique des Rennais leur a parfois permis de sortir du pressing marseillais. (Même si certains joueurs ne sont pas tous au niveau ce soir : U.Ugochukwu/C.Wooh).
Lors de ces rares moments en première période, ils ont pu sortir rapidement et se retrouver en situation de 3 contre 4 ou 4 contre 5 face aux défenseurs marseillais.
Après le but marseillais, Rennes pousse pour égaliser. Malheureusement pour eux, ils font face à un problème de taille qui ne leur permettra pas de concrétiser leur action. En effet, Rennes aurait pu prendre l’avantage si tactiquement il avait mieux préparé ce match. Certaines phases de jeu manquent de répétition pour être concluantes. Les phases les plus flagrantes sont les transitions rapides et leurs incursions dans les 30 derniers mètres.
Malgré l’entrée de Santamaria à la place de Wooh pour tenter d’aller chercher le match nul, Genesio n’a pas réussi à trouver la solution.
Avec 2 joueurs comme K.Sulemana et J.Doku, pourquoi ne pas changer tactiquement et obliger ces joueurs à coller la ligne de touche de chaque côté du terrain en utilisant leurs points forts, que sont les 1vs1, le dribble, la percussion.
Au cœur du jeu, ces joueurs sont moins influents.
D’autant plus lorsque l’on observe les 2 joueurs adverses au marquage. C.Under, n’est pas un défenseur de métier et semblait émoussé et N.Tavares que l’on reconnaît parfois douteux dans son placement.
Cela aurait mis les Marseillais en danger.
Très fort techniquement, véloce, rapide.
D.Doué joue assez simplement et pour un jeune joueur cela lui permet d’être efficace. Un seul petit bémol, quelques difficultés à faire les courses dans la profondeur pour ouvrir les espaces.
Malgré qu’il joue la plupart de ces ballons dans les pieds, il arrive à se sortir du marquage par une grosse qualité technique.
Alexis Sanchez :
Très utile dans la récupération des seconds ballons.
Son pressing empêche une bonne première relance ou entraîne une récupération facile des Marseillais.
Bamba Dieng :
Gros manque d’activité et il me semble que c’est ce que I.Tudor lui reproche. Marseille n’a pas besoin de son attaquant pour marquer des buts, tous les joueurs de champ y sont impliqués. Cependant pour récupérer les ballons, les garder ainsi qu’ouvrir les espaces il est crucial.
Lovro Majer :
A montré ses limites lorsque le rythme du match s’élève. Il est à l’origine de la perte de balle sur le but de M.Guendouzi. Malgré son excellent match face au PSG, il démontre aujourd’hui des lacunes à pouvoir être influent dans une rencontre au tempo débridé, ce qui par ailleurs met en lumière la lenteur du jeu parisien.
Dimitri Payet :
Malgré s’être échauffé pendant presque 45min, il ne rentrera pas à la place de R.Malinovsky ou M.Guendouzi. Malgré de la fatigue et du déchet de la part de ces 2 derniers, leurs activités et leurs puissances font de ces 2 joueurs, des acteurs utiles en cette fin de match pour maintenir le résultat.
Nuno Tavares :
Frustrant. Avec un peu plus de concentration, de discipline et de professionnalisme, ce garçon jouerait dans un top 10 clubs européens