⚽ Pourquoi toutes les équipes jouent de la même façon ? ⚽

Je sais ce titre est un peu trompeur, mais il fallait au moins ça pour un retour. Il semble que depuis quelques années maintenant, une “méta” se dégage chez les coachs

En Profondeur
4 min ⋅ 14/09/2024

Qui sont-ils ?

Tout d’abord, tous les coachs ne succombent pas à cette tendance. Elle se retrouve davantage dans les coachs dit “hipsters”, ceux que l’on aime décrypter, ceux de la nouvelle génération, ceux qui animent nos débats entre passionnés.

Ceux là jouent PRESQUE tous dans un style similaire.

Bien qu’il existe plusieurs variantes en fonction des qualités des joueurs à disposition, l’idée générale prend la plupart du temps la même forme.

1 gardien
3 joueurs s’occupant de la relance.
2 joueurs décrochant afin d’attirer les joueurs adverses.
2 joueurs placés plus haut, décrochant, dans un second temps à partir d’une position partant de la ligne défensive.
1 avant-centre, jouant le plus haut possible dans le but d’étirer verticalement le bloc adverse
2 joueurs de couloirs, placés dans l’ensemble très haut, prenant le maximum de largeur possible.

Relance à 3 avec Timber qui vient faire le double pivot depuis un poste de latéral gauche. Ben White, latéral droit, vient former la défense à 3.

Ligne de 5 offensifs, avec des ailiers aux pieds inversés. Assez surprenant de voir Rice venir s’insérer au sein de cette ligne entre Havertz et Trossard.

Les profils de joueurs à cibler pour effectuer ce genre de schéma:

Le gardien:

Celui-ci doit savoir analyser une situation et doit apprendre à trouver le joueur libre en une fraction de seconde. Il doit être doté d’un super jeu pied.

Une ligne de 3 défenseurs:

Ces 3 joueurs ont un profil similaire. Ils sont fort dans les duels au sols et aériens, rapides et avec une capacité de relance au dessus de la moyenne. Leurs polyvalences leurs permet d’exceller en tant que DC ou latéral. Malheureusement, cette combinaison est assez rare et la plupart du temps très couteuse.
Là encore, une nouvelle catégorie de joueurs est née, tout comme le fut le piston avant lui.

Le double pivot:

Véloce avec un gros volume, technique et QI foot élevé, voici ce qui doit caractériser ce double pivot.

Sur cette image, c’est le latéral Cambiaso qui vient s’insérer dans le demi-espace entre Weah et Vlahovic au poste de 10.

10s:

Et oui, 2 numéros 10, ce poste pourtant si unique à une certaine époque et que l’on dit en perdition.

Joueur évidemment très créatif avec une palette technique au dessus de la moyenne, mais il devra aussi avoir une capacité physique lui permettant de répéter des courses ainsi que d’effectuer le contre-pressing

Un 9:

Jouant haut, il est un point d’appui qui se doit de garder le ballon lorsque ces centraux, ou son gardien le trouve.

Il doit avoir une grande capacité de remise ainsi que de conservation du ballon dos au jeu.

Si en plus il possède une finition ainsi qu’un jeu de tête au dessus de la moyenne, il y a de forte chance pour que celui-ci empile les buts.

Des ailiers ou pistons:

Ailiers inversés apportant du dribble intérieur, des frappes et de la percussion
ou
Pistons apportant du débordement, une bonne grosse dose de centre et de présence au second poteau,
à vous de choisir !

F-L-U-I-D-I-T-É
Représentant bien les idées de T.Motta, on peut voir en bas de l’écran le défenseur central Gatti dédoublé derrière son ailier !

Mais alors pourquoi ce système est à la mode ? 

Tout d’abord comme le fut le 4-4-2 de Sacchi, le 4-3-3 de Guardiola, le WM de Herbert Chapman crée en 1925 fait son grand retour sur la scène footballistique.
Créé dans le but de répondre à la nouvelle réglementation sur le hors-jeu, jamais une tactique n’aura connu autant d’adepte et de variante dans l’histoire du football.

Aujourd’hui il est utilisé par les entraineurs les plus en vogue sur la scène européenne. (cf Guardiola, Xabi Alonso, Thiago Motta, RDZ, Arteta, Amorim). De nombreux points communs existent entre tous ces entraineurs. Ils prônent tous la possession du ballon, le succès par la domination de la rencontre, et le spectacle.

Depuis ses débuts à la tête de l’équipe, le Sporting d’Amorim ne cesse d’impressionner en Europe.
Gyökeres est le symbole du volume offensif de cette équipe.

La coordination entre prise de profondeur, de largeur et décrochage crée de l’incertitude et des questions difficile à répondre pour l’équipe adverse.

Ce type de football, plus connu sous le terme ‘“jeu de position”, est reconnu comme étant très plaisant à regarder. À la perte du ballon, il est aussi combiné à un contre-pressing, ce qui donne une performance avec un rythme et un volume important d’action spectaculaire pour les fans. 

D’un point de vue numérique, ce schéma permet aussi d’augmenter le nombre de joueurs créatifs dans son 11 de départ. Et c’est souvent par ce type de joueur que la différence se fait. 

Rappel: 51 matchs sans défaite pour le Leverkusen de Xabi Alonso dans ce schéma de jeu.

Plutôt intrigué de voir M.Terrier utilisé dans le rôle de 9 à la place V.Boniface lors de ce match.

Cette philosophie dites “offensive”, n’est pas si anodine en terme de sens donné aux mots. En effet dans leurs connotations, ces projets de jeu utilisent des termes avec un aspect mélioratif: “attaque”, “créativité”, “possession”, “fluidité”, “prise de risque”. À contrario de “défense”, “rigidité”, “discipline” etc... bien que pouvant aussi être évoqués dans certains cas bien précis.

Je pense que cela joue un rôle dans la perception et dans la capacité d’absorption du message par les joueurs. Conclusion, cela se retranscrit sur le terrain. Il n’est pas rare d’entendre des joueurs évoluant sous les ordres de ce type d’entraineur chanter leur louange dans les médias et dire à quel point c’est plaisant d’être entrainer par eux.

cf: Nasri avec Guardiola: https://www.tiktok.com/@zacknani/video/7220528828635008261
Lopez avec De Zerbi: https://www.tiktok.com/@ambiancemarseille/video/7380041747826576672

On est ici face à un constat plus philosophique ou sociologique. Ces entraineurs souhaitent faire plaisir aux publics qui les regardent, ainsi qu’aux acteurs qu’ils entrainent. 

Les Hammers calquent leur système sur celui des Citizens.

Alors, la “Box” se fluidifie pour déforme en un losange. Dans ce match c’est R.Lewis qui vient se placer plus haut.

Mais attention !!

En conclusion et pour nuancer mon propos, il faudrait être stupide pour croire que la simple reproduction de ce schéma mènerait n’importe quelle équipe aux succès. Celui-ci doit s’inscrire dans un processus long, alliant recrutement de joueurs pouvant s’y développer, avec une adaptation aux caractéristiques des joueurs déjà en place, et enfin avec une répétition à l’entrainement d’automatisme et de circuit amenant à la bonne exécution de ce schéma.

Le Troyes de P.Kisnorbo, 3 victoires, 23 défaites en 40 matchs et une descente en Ligue 2.

En Profondeur

Par Gregoire Redureau

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