#11 En Profondeur, Marseille - Lille

La onzième newsletter de En Profondeur est une analyse du match de football de la 11ème journée de Ligue 1 opposant Marseille à Lille. Ce match s’est soldé par un nul 0-0 des Lillois sur la pelouse du Vélodrome.

En Profondeur
8 min ⋅ 06/11/2023

Quelques changements à noter pour cette nouvelle saison de En Profondeur. 

  • Malheureusement, raccourcissement des newsletter car cela me prenait trop de temps de rédaction et de mise en forme et cela ne pouvait plus coïncider avec mes autres activités. 

  • Moins de tactiques et plus d’individuelles sur la prestation de chaque joueur.
    Un commentaire sera attribué pour chaque joueur à la fin de la rencontre.

Les Compos :

Coté Marseillais :

Dans le choc entre Marseille et Lille, le manque d'identité tactique de l'OM a été mis en exergue, particulièrement durant une première mi-temps où l'improvisation semblait être le maître-mot. Marseille, sous la houlette de Gattuso, a paru se débattre avec les vestiges des principes de jeu de leurs anciens coachs, résultant en une performance fragmentée et désordonnée. À l'exception de quelques éclairs offensifs obtenus par des jeux longs, l'OM n'a pas réussi à instaurer une menace constante, écho de leur récente confrontation avec Nice.

La cohérence et l'efficacité ont finalement commencé à émerger en seconde période, quand Amin Harit a été repositionné en numéro 10, pivotant d’un 4-3-3 vers un 4-2-3-1 qui a apporté plus de sens au jeu marseillais. Ce changement a marqué un tournant, offrant à Marseille une structure plus définie. Le fléchissement de Lille après la 55e minute a coïncidé avec cette amélioration de l'OM, même si le facteur déclenchant reste sujet à interprétation entre un ajustement tactique marseillais ou une baisse de régime physique côté lillois.

Ce match laisse entrevoir les défis qui attendent Gattuso : instaurer une identité claire et surmonter les héritages tactiques passés pour forger un futur cohérent pour l'OM.

Coté Lillois :

Le Lille OSC, sous la direction de Paulo Fonseca, a démontré une clarté tactique qui contraste avec l'approche plus confuse de Marseille. L'équipe possède une signature de jeu bien marquée, un produit de l'identité forte inculquée par Fonseca. Cependant, cette assurance tactique n'a pas été synonyme d'efficacité dans le dernier tiers du terrain, où Lille a peiné à transformer sa maîtrise en occasions concrètes. La finition et le dernier geste décisif ont fait défaut.

Le choix tactique de positionner Yazici en pointe a été surprenant et, de toute évidence, pas aussi fructueux qu'espéré. Le manque de cohésion et l'absence d'un attaquant de référence comme Jonathan David ont été notables, particulièrement dans la finition des attaques lilloises.

La prédominance des joueurs créatifs dans l'équipe, souvent associée à une certaine individualité, a semblé limiter leur efficacité collective. Bien que ces joueurs puissent débloquer des situations par leur génie individuel, l'accumulation de ces talents sans une base solide de joueurs au service du collectif a sans doute nui à l'équilibre général de l'équipe.

Un cadre plus structuré et des séquences tactiques dédiées pourraient permettre à ces individualistes de s'exprimer pleinement tout en renforçant l'unité de l'équipe. Il apparaît nécessaire d'exploiter plus efficacement cette créativité, en l'inscrivant dans un cadre collectif où les rôles de chacun seront mieux définis, aussi bien en phase offensive qu'en phase défensive. Une telle intégration pourrait permettre au LOSC de devenir plus tranchant et imprévisible en attaque, tout en consolidant l'équilibre défensif, souvent mis à mal lorsque les joueurs à vocation offensive négligent les tâches défensives.

Les Acteurs :

Coté Lillois :

Lucas Chevalier : 6/10

Lucas Chevalier a démontré une présence rassurante dans les buts pour Lille. Bien que peu sollicité tout au long du match, ses interventions ont été précises et confiantes. C'est le signe d'un gardien de qualité : rester alerte et performant même dans les moments de relative tranquillité.

Thiago Santos : 5,5/10

Thiago Santos a livré une prestation défensive solide pour Lille. Sa capacité à tenir tête dans les duels, particulièrement face à un adversaire coriace comme Amin Harit, a été impressionnante. Bien que son apport offensif ait été limité, ce qui peut être attribué à la tendance individualiste de Zeghrova, il a su rester concentré sur son rôle défensif, affichant une belle activité sur son flanc.

Lenny Yoro : 6/10

Le défenseur central Lenny Yoro a été un atout défensif clé pour Lille lors du match. Il a démontré une grande solidité en défense, s'imposant souvent lors des duels et affichant de bonnes compétences en matière de relance, malgré quelques rares moments de flottement. Face à une attaque marseillaise qui n'a pas su le mettre en difficulté, sa prestation, complétée par l'association avec son partenaire en défense, a grandement contribué à la sérénité défensive de l'équipe.

Alexscandro : 6/10

Alexscandro, en tant que second défenseur central de Lille, a marqué les esprits par son impressionnante présence dans les duels, se montrant robuste et engagé tout au long du match. Bien qu'il ait offert une performance solide, il a parfois montré des signes d'une agressivité excessive qui, sur le long terme, pourrait traduire un déficit de concentration. Néanmoins, avec une maturité qui se développera probablement avec le temps, Alexandro présente des qualités prometteuses qui, d'ici deux à trois ans, pourraient en faire un pilier défensif majeur en Ligue 1.

Ismaily : 4/10

Ismaily, au poste de latéral gauche lillois, a livré une performance mitigée. Sur le plan technique, il a maintenu le niveau de jeu propre à sa réputation, sans toutefois se démarquer par des actions exceptionnelles. Avec le temps, il semble que ses capacités physiques commencent à décliner, ce qui s'est avéré particulièrement handicapant face à un adversaire vigoureux tel qu'Ismaila Sarr.

Benjamin André : 5,5/10

Benjamin André a livré une performance solide en tant que sentinelle, se révélant être un leader essentiel sur le terrain pour Lille. Il a excellé dans son rôle de guide, haranguant ses partenaires à se repositionner correctement et à rester alertes tout au long du match. Avec une capacité à récupérer de nombreux ballons et à commettre des fautes tactiques quand nécessaire, son impact sur le jeu a été indéniable. Il continue à jouer un rôle clé dans l'équilibre et la dynamique de l'équipe, prouvant que son influence ne faiblit pas avec l'âge.

Nabil Bentaleb : 5/10

Nabil Bentaleb montre des signes prometteurs de montée en puissance après une préparation perturbée par une blessure estivale. S'il n'est peut-être pas encore à son meilleur niveau, sa progression est évidente au fil des matchs. Son habileté avec le ballon suggère qu'il pourrait devenir le meneur de jeu dont Lille a besoin pour franchir un palier supplémentaire. À condition que la dynamique de l'équipe soit favorable, Bentaleb a le potentiel de devenir un élément central dans l'orchestration du jeu lillois, à la manière d’un André Gomes l’année précédente.

Angel Gomes : 4/10

Angel Gomes, malgré les éloges du commentateur Laurent Paganelli, donne l'impression d'un talent non abouti sur le terrain. Certes, sa maîtrise technique est agréable à observer, mais il semble manquer de l'impact nécessaire pour influencer le cours du jeu. Son manque de décisivité et d'efficacité dans les moments clés a limité son empreinte sur la rencontre et, par extension, son rôle dans l'équipe lilloise. Pour devenir un acteur majeur en Ligue 1, il devra gagner en consistance et en influence lors des phases critiques.

Ivan Cavaleiro : 5/10

Ivan Cavaleiro a navigué entre utilité et discrétion lors de la confrontation contre Marseille. Sans être constamment au premier plan, il a su se montrer efficace dans les moments clés, témoignant d'une certaine expérience et compréhension du jeu. Néanmoins, il a aussi eu des phases où il s'est fait plus discret. En somme, il a livré une performance mesurée, suffisante pour ne pas décevoir, mais sans éclat particulier.

Edon Zeghrova : 7/10

Edon Zeghrova a brillé contre Marseille, obligeant la défense à adopter une approche à deux, avec Renan Lodi et Amin Harit, pour contenir sa menace. Son aisance à déborder les adversaires et la qualité de son pied gauche ont généré de nombreuses occasions, malgré une tendance à l'individualisme qui a par moments limité l'efficacité de ses actions. Un encadrement tactique plus précis pourrait potentiellement transformer sa spontanéité en une menace constante et optimiser son impact sur le jeu, à l'instar de ce que Guardiola a accompli avec Jérémy Doku à Manchester City. En étant mieux intégré dans un cadre de jeu structuré, Zegrova pourrait devenir un atout majeur pour Lille, capable de désarçonner les défenses adverses avec une régularité impressionnante.

Yusuf Yazici : 4,5/10

Yusuf Yazici semble avoir peiné à s'imposer dans le rôle de l'attaquant de pointe lors de ce match. En décrochant trop et en négligeant les appels en profondeur, il a peut-être manqué de présence dans la surface adverse, ce qui a réduit l'impact offensif de Lille. Son travail de retrait et ses efforts défensifs ont eu leur utilité, mais ne compensent pas l'absence de menace constante qu'aurait pu apporter Jonathan David avec sa capacité à étirer les défenses et à se mêler au dernier geste. Il apparaît clairement que Lille ressent l'absence de David et que Yazici, malgré quelques contributions, n'a pas tout à fait réussi à combler ce vide. Match moyen.

Coté Marseillais :

Pau Lopez : 3,5/10

Pau Lopez, le portier de Marseille, a montré une certaine fébrilité qui s'inscrit dans la continuité de ses prestations précédentes : un manque d'assurance pouvant déstabiliser sa défense. Les observations de Frédéric Antonetti concernant sa tendance à porter trop le ballon pourraient refléter une préférence personnelle plutôt qu'une stratégie de l'entraîneur Gennaro Gattuso, qui privilégie généralement un jeu plus direct. Bien que son implication ait été limitée durant la rencontre, Lopez n'a pas brillé dans ses interventions, donnant lieu à une performance qui n'a pas été à la hauteur des espérances et qui aurait pu coûter cher à l'OM.

Jonathan Clauss : 6/10

Jonathan Clauss a affiché une belle activité sur son aile et s'est illustré par une qualité technique au-dessus de la moyenne, bien que sa contribution offensive ait parfois manqué de tranchant dans les trente derniers mètres. Malgré un positionnement parfois hasardeux sur le plan tactique, qui auraient pu être exploitées par des adversaires de plus haut calibre, sa prestation reste globalement satisfaisante. Un match correct, sans être exceptionnel, où il a néanmoins démontré pourquoi il est considéré comme un élément clé de l'équipe marseillaise.

Chancel M’Bemba : 5/10

Un match correct. Rien de beaucoup plus à noter sur sa prestation aujourd’hui.

Samuel Gigot : 5,5/10

Un match plutôt satisfaisant jusqu’à sa sortie sur blessure. Malheureusement, il se blesse encore une fois tout seul par un excès d’engagement sur un tacle. Malgré que cela soit sa qualité principale, il gagnerait à se canaliser sur certaines interventions afin de ne pas se blesser de manière répétitive ce qui entache sa fiabilité. Bamo Meïté l’ayant remplacé a semblé prendre du temps avant de prendre la dimension de la rencontre, cependant, sa rentrée reste encourageante et laisse entrevoir de belles promesses avec plus de temps de jeu.

Renan Lodi : 4/10

Renan Lodi a connu des difficultés en tant que latéral gauche face à Lille, peinant notamment à gérer les incursions de Zegrova. Son apport offensif a également été limité, reflétant peut-être un manque de cohésion ou de stratégie collective de la part de l'OM. Sans commettre d'erreurs majeures, sa performance n'a pas atteint le niveau attendu pour un joueur de sa stature. En résumé, il a livré un match insuffisant, en deçà des standards habituels.

Valentin Rongier : 5/10

Valentin Rongier a délivré une prestation caractéristique de ce qu’on attend de lui, faisant preuve d'une activité soutenue au milieu de terrain. Malgré une présence constante, il n'a pas brillé techniquement et n’a pas eu l'impact remarquable qu'il avait sous la direction d'Igor Tudor la saison passée. Son utilisation dans l’équipe actuelle ne semble pas maximiser ses points forts. Son match fut donc dans la lignée de ses prestations précédentes, sans éclat particulier.

Geoffrey Kondogbia : 5,5/10

Geoffrey Kondogbia a offert une performance solide pour Marseille. Son potentiel technique et son apport physique au milieu de terrain ont été évidents, lui permettant de récupérer de nombreux ballons. Malgré des blessures récurrentes qui l'ont empêché d'atteindre une régularité qui pourrait le propulser, sa prestation a été plus que satisfaisante. Il se pourrait que dans un système de jeu orienté vers la possession, ses qualités soient davantage mises en valeur. Sa tendance à commettre des fautes est cependant préjudicable, reflétant une agressivité encore réprimandée en Ligue 1. Toutefois, sa contribution reste positive et prometteuse.

Jordan Veretout : 4,5/10

La prestation de Jordan Veretout dans le milieu marseillais a été mitigée. Il semble concerné, désireux de bien faire, mais peine à trouver sa place au sein de la dynamique collective. Le trio composé de Rongier, Kondogbia et lui-même ne démontre pas une complémentarité évidente. De plus, Gattuso le positionne dans un rôle plus offensif, ce qui n'est peut-être pas le plus adapté à ses qualités. Veretout tente d'exploiter l'espace sur le côté gauche mais sans apporter le tranchant ou la décision nécessaires pour faire la différence. Par ailleurs, l'amélioration du jeu marseillais semble coïncider avec son remplacement, ce qui souligne davantage sa performance en demi-teinte. En somme, son match a été plutôt en deçà des attentes, en espérant une marge de progression certaine.

Amin Harit : 7/10

Amin Harit s'est distingué comme l'élément le plus influent de l'OM ce soir, retrouvant le niveau qui était le sien avant sa blessure. Son impact a été particulièrement notable lorsqu'il a été avancé en position de meneur de jeu, où sa capacité à faire la différence s'est pleinement exprimée. Cela met en lumière une utilisation optimale de ses qualités qui aurait dû être privilégiée dès le début de la rencontre. Si trouver un équilibre au milieu reste une question, la prestation de Harit en numéro 10 a clairement indiqué qu'il a le potentiel pour être le pivot offensif de l'équipe. Son match est à saluer, marquant une performance qui aurait pu être décisive si exploitée plus tôt.

Ismaila Sarr : 5,5/10

Ismaila Sarr, utilisé sur le flanc droit, a encore une fois rendu une copie honnête ce soir. Son potentiel est évident, et il a démontré par moments sa capacité à faire la différence. Cependant, il semble y avoir un décalage entre ses capacités et l'utilisation qui en est faite sur le terrain, ce qui pourrait être attribué soit à un manque d'initiative de sa part, soit à des consignes restrictives. Son remplacement n'a pas été convaincant, ce qui est regrettable puisqu'il semble avoir la condition physique nécessaire pour contribuer sur l'entièreté d'une rencontre.

Pierre-Emerick Aubameyang : 4/10

Pierre-Emerick Aubameyang, en tant que numéro 9, soulève des interrogations quant à son rôle actuel à Marseille. Son expérience et sa technique lui permettent encore d'être utile dans le jeu, offrant une certaine sérénité technique à ses partenaires. Toutefois, son déclin physique semble évident ; il peine à faire la différence avec son accélération, une qualité qui a longtemps été l'un de ses atouts majeurs. Marseille pourrait avoir à réfléchir sur l'utilité de s'appuyer sur lui comme fer de lance de l'attaque.

Vitinha : non noté

Vitinha, en tant que remplaçant d'Aubameyang, apporte un argument convaincant pour plus de temps de jeu. Sa fraîcheur et son intensité ont posé davantage de problèmes à la défense de Lille, malgré un niveau technique qui demande à être peaufiné. Son profil correspond aux attentes physiques de la Ligue 1, à l'inverse d'Aubameyang qui semble marquer le pas dans ce domaine. Avec davantage de minutes sur le terrain, Vitinha pourrait gagner en confiance, améliorer sa technique et devenir une pièce importante pour l'OM. Gattuso aurait donc pu bénéficier de l'apport de Vitinha plus tôt dans le match, notamment par rapport à l'influence modérée d'Aubameyang.

Les entrées de Iliman N’Diaye et Joaquin Correa : non notés

Ces deux joueurs semblent traverser une véritable phase de doute. Leurs contributions est bien trop insuffisantes. Malgré une envie que l’on peut qualifier de certaines chez Iliman.

En Profondeur

Par Gregoire Redureau

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