#5 En Profondeur

La cinquième newsletter de En Profondeur est une analyse du match de football de la 25ème journée de Ligue 1 opposant l’AS Monaco à l’OGC Nice. Les Niçois se sont imposés 0-3 à l’issue de ce match.

En Profondeur
6 min ⋅ 02/03/2023

Les compos :

Nice reconduit son 5-4-1, formation que D.Digard privilégie lors des oppositions face aux meilleures équipes de Ligue 1 (Cf Lens, Marseille). K.Thuram occupe le côté gauche et G.Laborde le côté droit. 

Monaco innove aujourd’hui avec un 5-2-1-2, formation très peu utilisée par P.Clément lors de son aventure monégasque. Trois changements sur la composition de départ, avec I.Jakobs occupant le couloir gauche, M.Boadu et B.Embolo occupant le front de l’attaque.

L’analyse tactique Niçoise : 

Dans cette cinquième newsletter, nous aurons un focus plus particulier sur l’équipe Niçoise. Nous analyserons l'animation offensive et défensive de l’OGC Nice durant cette rencontre ainsi que les points forts des hommes de Didier Digard.

Plan de Jeu : 

Lors des oppositions face à la meilleure équipe du championnat, D.Digard n’hésite pas à faire preuve de pragmatisme et à opter pour un jeu de transitions avec un bloc bas. 

Il est possible de constater après plusieurs journées à la tête de cette équipe niçoise la “patte” que veut faire imprégner D.Digard à son équipe. La discipline défensive ainsi que l’intensité sont les 2 caractéristiques marquantes chez ces Niçois.

L’animation défensive : 

Nice n’effectue que très peu de phases de pressing durant cette rencontre. D.Digard a choisi d’évoluer en bloc bas en vue de contrer les Monégasques. Des lignes très resserrées, un bloc équipe retranché dans sa moitié de terrain, permettant au Niçois d’être solide et de ne concéder que très peu d'occasions lors de cette rencontre. 

Les 5 joueurs à vocations défensives côtés monégasques ont tous un homologue niçois à leur marquage. Seul E.Ben Seghir semble être le joueur libre. Cependant, c’est dans ces moments ou les Niçois ne se montrent pas frileux et n’hésitent pas à faire sortir un de leurs trois défenseurs centraux pour faire reculer numéro 10 monégasque.

La construction : 

Sans avoir eu la possession lors de cette rencontre (44%), les Niçois ont tout de même réussi à se montrer les plus dangereux lors de cette rencontre. Lors des rares phases de possession Niçoise, leurs plan de jeu semblaient criants. Sortir du pressing monégasque en vue de trouver rapidement T.Moffi en profondeur.

Pour contrecarrer le pressing, ils n’hésitent pas à faire tourner le ballon à quatre ou cinq joueurs dans leurs trente mètres. Les joueurs niçois ont pour consigne de rester attentifs en vue de trouver le joueur libre. Monaco pressant par l'intermédiaire de ces trois joueurs offensifs (M.Boadu, B.Embolo, E.Ben Seghir), permet aux Niçois d’être toujours en supériorité numérique lors de ces phases de relance. 

L’animation offensive : 

Bien qu’évoluant en 5-4-1 en phase défensive, l’animation offensive niçoise diffère totalement. Les latéraux Niçois jouent haut, au niveau de G.Laborde et K.Thuram. Ces deux derniers rentrent à l’intérieur afin d’offrir une solution dans les demi-espaces. Ces demi-espaces sont représentés par les zones rectangulaires en pointillées. Nice utilise volontairement ces demi-espaces pour forcer les joueurs monégasques à sortir de leur zone.

En occupant le demi-espace, les Niçois créent de l’incertitude chez les Monégasques car ils se situent entre deux ou trois joueurs monégasques.
Bien que parfois non servi, ces déplacements sont utiles pour créer de l’espace pour T.Moffi dans la profondeur. Dans la majeure partie du temps, ce sont les défenseurs excentrés Niçois qui font ce genre de passe, comme sur le premier but Niçois.

Le concept : Le Jeu Long 

Prenant racine chez son ancêtre le “Kick and Rush”, le Jeu Long a bien évolué ces dernières années pour devenir un style de jeu nécessitant réflexion et mise en place. Ce style de jeu nécessite un bloc bas puis une transition rapide vers le/les offensifs. L’enjeu est de profiter de la désorganisation de l’équipe adverse le plus rapidement possible, celle-ci étant déployée en phase offensive. Ce style de jeu nécessite des joueurs défensifs ayant de bonnes qualités de passe longues ainsi que des joueurs offensifs rapides et puissants pouvant dévorer l’espace

Après une séquence de passe courte dans leurs 30 mètres afin d’attirer les Monégasques, les Niçois pratiquent le jeu long pour T.Moffi. Afin d’attirer les Monégasques, les redoublements de passe de l’arrière-garde niçoise ainsi que les décrochages de G.Laborde et K.Thuram sont essentiels. La course du numéro 9 est elle aussi décisive, elle doit être en diagonale et dans le dos du défenseur.

Conclusion : 

Les Niçois ont su casser le plan de jeu monégasque et les ont punis en contre-attaque. Le match en milieu de semaine est sans doute l’une des explications de la déroute monégasque sur sa pelouse. En effet, beaucoup de joueurs semblaient émoussés et n’arrivaient pas à être efficaces lors des phases de pressing ou repli défensif. 

Comme face à Lens ou Marseille, les Niçois font preuve d’un pragmatisme détonnant, leur permettant de revenir avec les trois points de Louis II. Il faut saluer le travail de D.Digard qui aura réussi en quelques semaines à renverser la tendance et à créer une équipe redoutable face aux grosses écuries de Ligue 1. Il reste maintenant à confirmer lorsqu’ils se devront de faire le jeu. 

Quelques remarques sur l’AS Monaco : 

L'AS Monaco joue en attaques placées sur une défense niçoise bien regroupée ce qui ne fonctionne pas. Ils doivent s’en remettre au talent créatif de leurs joueurs. Malheureusement ces joueurs créatifs tels que W.Ben Yedder ou A.Golovin sont sur le banc. M.Boadu et B.Embolo sont deux attaquants de transition, ce qui n’est pas vraiment en adéquation avec le plan de jeu monégasque. 

De plus Monaco joue très haut, trop haut. P.Clément a commis une erreur en essayant de répondre au plan de jeu niçois et en tentant cette défense à 3. Ce sont ces approximations défensives qui ont été fatales aux Monégasques.

Mon coaching gagnant : 

Erreur “grossière” de coaching de P.Clément de vouloir évoluer à 2 attaquants lorsque l'OGC Nice se déplace avec 3 défenseurs. Je pense que le 4-3-3 ou 4-2-3-1 avec Ben Seghir en numéro 10 aurait été préférable pour contrer cette défense niçoise. De plus, l’attaque niçoise évoluant à 3, il aurait été préférable de choisir un système à 4 défenseurs afin de garder la supériorité numérique en défense dans le but de ne pas s’exposer au 3vs3 ou 1vs1 imposé par T.Moffi. 

Le problème de Monaco réside aussi dans son pressing. Il faut soit presser haut et empêcher les Niçois de jouer long ou être en bloc bas et contre attaquer.

Les hommes du match : 

Terem Moffi : Puissant et rapide, l'attaquant niçois a été un vrai cauchemar pour les défenseurs monégasque. Sur chaque prise de profondeur, on pouvait ressentir l’appréhension des Monégasques. À l’aise techniquement, il est aussi à la dernière passe pour le troisième but Niçois. 

E.Ben Seghir : Seul joueur créatif dans le onze monégasque, il a beaucoup tenté dans cette rencontre sans réussite. Cependant après quelques matchs timides, il semble désormais parvenir à rendre des copies consistantes. L’éclosion totale de ce jeune talent est proche. 

C.Matsima : Selon moi fautif sur les 2 premiers buts. Mal placé, il permet à Terem Moffi d’exploiter l’espace libre dans son dos. Non conservé cet été par Monaco, pas sûr que le défenseur monégasque fasse de vieux jours sur le Rocher.

En Profondeur

Par Gregoire Redureau

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