La tendance étant à l'OM de Roberto De Zerbi, on en oublierait presque le parfait début de championnat du Paris-Saint-Germain. Avec 4 victoires en 4 matchs et 16 buts marqués, le PSG se montre incisif en ce début de saison, malgré le départ de K.Mbappé.
Cette newsletter a pour projet de comprendre comment joue le PSG de Luis Enrique. Cette explication sera effectuée en 7 points majeurs:
Le pressing
La construction
La possession
La défense
À la perte du ballon
À la récupération du ballon
La création d’occasions
Lors des remises en jeu adverse, le pressing se fait très haut, en exerçant une pression en individuelle, avec pour objectif de forcer les défenseurs adverses à jouer long.
6 joueurs du PSG pour 6 joueur de Lille. On imagine Hakimi venir dans un second temps sur le temps de passe.
Cependant, cela peut poser problème si le pressing est mal exécuté, notamment face à un gardien à l’aise avec ses relances au pied.
Pourquoi ? Parce que les ailiers ont parfois tendance à perdre de vue ce qui se passe dans leur dos lorsque l’adversaire choisit de relancer court, en formation 4+1 ou 4+2.
À la suite d’un mauvais pressing, 6 joueurs du PSG se font éliminer en 1 passe.
La première variante du PSG, elle se fait en 4-2-4. L’objectif est de former un carré au milieu en faisant décrocher l’attaquant et en laissant un des milieux à la même hauteur que le numéro 9.
Cela permet de créer de la supériorité numérique et ainsi d’avoir un joueur libre vers qui tourner la relance.
Au niveau des courses, on voit des appels du double pivot vers leurs DC afin d’attirer les joueurs adverses. On voit aussi des appels vers l’intérieur, derrière le double pivot de la part des ailiers ou dans la profondeur si les 2 de devants ont décrochés.
Le 4-2-4 questionne les défenseurs centraux lillois. Accompagner le pressing ou être plus prudent.
Ce schéma offre un joueur de plus dans ce milieu de terrain afin d’effectuer la ressortie de balle.
Cependant, si le pressing est bien exercé par l’équipe adverse, alors Donnaruma effectue un jeu long sur un des attaquants. En théorie, les 3 de devant sont alors en 1vs1.
C’est sur cette relance que le PSG perd le plus de possession.
Ici les montpelliérain sont au marquage des parisiens.
Donnaruma décide alors de jouer long.
Dans l’ensemble, le PSG n’aime pas vraiment se faire presser.
Il manque parfois de densité physique au milieu de terrain pour ressortir gagnant des duels au second ballon.
La plupart du temps, la récupération adverse se fait sur Dembélé qui n’hésite pas à tenter le dribble dans des situations risquées.
La construction se fait de manière standard en 3+2 avec un joueur différent à chaque fois pour faire le double pivot avec Vitinha (Neves, WZE ou Hakimi).
Le double pivot s’offre des lignes de passe en étant décalé, et non sur la même ligne.
Il existe une alternance du 3ème joueur dans les 3 défenseurs. Lorsque c’est Beraldo en position de latéral gauche, alors les 3 défenseurs à la relance sont définis.
Si c’est Nuno Mendes, il peut aussi monter pour faire décrocher un des 3 du milieu, dans le but de profiter de ces qualités de percussion et de vitesse.
Neves décroche pour former la ligne de 3.
Par séquence décrochage des 3 milieux presque à la même hauteur dans le but d’attirer les joueurs adverses. On assiste alors à un 3-3-4 avec Hakimi à hauteur de Dembélé.
Par séquence, Hakimi se place en numéro 10 et Dembélé apporte de la largeur. Parfois l’inverse.
Les 3 milieux du PSG attirent les joueurs Brestois.
Si vraiment l’équipe adverse calque son système alors utilisation du 3-4-3 losange par séquence mais cela est bien plus rare.
L’équipe lilloise en 5-4-1 en phase défensive aura posé beaucoup de problème au PSG
Vous l’aurez compris, ce qui caractérise le PSG de Luis Enrique c’est la pluralité des schémas et des joueurs occupant ces schémas de jeu. Malgré cette pluralité, le plan de jeu de départ et les principes sont respectées.
Dans l’ensemble, la possession se fait dans le camp adverse avec les joueurs placés très haut.
Trois joueurs s'occupent de faire tourner le ballon, les centraux. En fonction de l’équipe adverse, un joueur du milieu n’hésite pas à décrocher pour attirer et contrecarrer le pressing adverse.
Il est intéressant de voir la fluidité tactique des joueurs de Luis Enrique, pouvant se déplacer d’une position à l’autre du terrain tout en gardant le cadre tactique.
Hakimi profite du pressing d’Alexsandro pour prendre l’espace dans son dos
En effet l’occupation du demi-espace est clé, et le mouvement doit être coordonné avec ses coéquipiers.
Prise de profondeur de la pointe basse du losange, Fabian Ruiz.
Création de densité dans certains espaces afin d’attirer l’équipe adverse et de libérer le joueur créatif à l’opposé pour lui permettre d’exprimer son talent.
Lors de défense plus longue, il n’y a pas de réel pressing, l’équipe se contente de fermer les lignes de passe à l’intérieur en mettant de la densité et attend qu’un joueur adverse soit touché dans un couloir pour sortir très fort sur lui et lui faire perdre le ballon.
Grosse densité à l’intérieur et un bloc équipe compact ici ou l’on voit les 11 joueurs parisiens.
Pressing fort pour récupérer dans les 6 secondes. Si ce n’est pas possible, l’équipe cherche à faire reculer l’adversaire, afin de le pousser à la faute.
Dans l’ensemble le pressing plus intense dans le camp adverse.
Avoir de nombreux joueurs proches du ballon, qui lors de la perte de possession, sont prêt à travailler ensemble pour la récupérer.
Mais il arrive parfois que le ballon sorte de ce pressing, car certains joueurs (comme Dembélé) manquent d’intensité au pressing.
Combiné à une autre lacune du PSG qui se remarque à la perte de balle, tous les joueurs ne sont pas concernés par la transition.
Le PSG peut alors se retrouver en danger sur des transitions rapides, surtout avec des ballons dans le dos des défenseurs centraux excentrés.
Transition défensive à la 6ème minute.
Attention aux pertes de balle dans leur 35m, qui créent souvent des occasions pour l’adversaire, car l’équipe est trop ouverte et manque de densité au milieu.
Le PSG repars avec une relance courte le plus souvent. Le 4-3-3 peut se réformer et la pointe basse du 4-3-3 vient décrocher.
Parfois un deuxième vient décrocher pour former le double pivot.
Lorsque l'équipe adverse est déployée, alors le PSG procède en transition rapide. Cette transition est souvent amorcée par Barcola, qui joue parfois presque seul la transition, recherchant un appui dans l’axe, avant de prendre la profondeur.
4 vs 2, Barcola trouvera le chemin des filets par un simple relai avec Asensio.
Si il y a la possibilité d’être efficace rapidement, l’équipe joue vers l’avant, sinon retour à une phase de possession.
Dans la majeure partie du temps, la différence est faite par les ailiers que ce soit par les dribbles, la prise de profondeurs, les centres, et les frappes.
Dans les faits, il existe une liberté pour les joueurs d’intervertir leurs positions, tant que la structure reste inchangée.
Paris est aussi très efficace dans la transition, attirant son adversaire par séquence, et sanctionnant dans les temps fort de l’équipe adverse.
Dans l’ensemble, le PSG par la possession fatigue son adversaire et cela permet d’ouvrir des espaces à certain moment du match ou l’équipe adverse baisse d’intensité dans son pressing
Voici l’idéologie de Luis Enrique, adepte du jeu court et de la possession, il n’en reste pas moins assez pragmatique pour avoir su appliquer de la transition à ses équipes.
C’est peut-être la grosse différence entre son idéologie et celle de Guardiola.
Dembélé laisse passer entre ses jambes et demande dans l’espace.
Densité avec des mouvements coordonnés = Occasions de but