#9 En Profondeur (Hors-Série)

La neuvième newsletter de En Profondeur est une analyse du match de football des quarts de finale aller de la Champions League opposant Manchester City au Bayern Munich. Manchester City s’est lourdement imposé 3-0 sur sa pelouse.

En Profondeur
6 min ⋅ 15/04/2023

Les compos :

Pep Guardiola utilise un 3-2-4-1, tactique qu’il utilise maintenant lors de chaque rencontre. Un seul changement à noter par rapport au dernier match face à Southampton, la titularisation de B.Silva à la place de R.Mahrez poste pour poste.

Thomas Tuchel et le Bayern Munich commencent en 4-2-3-1. Trois changements à noter par rapport au dernier match de championnat face à Freiburg avec le retour de L.Goretzka, D.Upamecano et K.Coman.

L’analyse tactique Cityzen :

Dans cette huitième newsletter, nous aurons un focus plus particulier sur l’équipe de Manchester City. Nous analyserons l'animation offensive et défensive des Cityzens durant cette rencontre ainsi que les points forts des hommes de Pep Guardiola.

2 systèmes, 2 animations : 

L’animation offensive : 

Comme indiqué dans l’introduction, Manchester City évolue en 3-2-4-1 lors des phases offensives.
J.Stones vient se placer au côté de Rodri en tant que milieu défensif afin de participer à la relance des Cityzens. Cette incorporation de J.Stones au sein du milieu de terrain permet de créer une supériorité numérique dans ce compartiment du jeu. La relance est alors facilitée par l’augmentation des options disponible lors de la relance.

Le circuit préférentiel est alors un redoublement de passe en ces 5 joueurs défensifs puis lorsque l’espace est créé, un changement de rythme pour une passe cassant une ligne vers un des 5 offensifs.

Dans le cas où Manchester City n’arrive pas à trouver de joueur libre car le pressing Munichois s’effectue parfaitement, alors Rodri ou J.Stones décroche avec R.Dias pour attirer J.Musiala et ainsi donner de l’espace dans l’entre-jeu à I.Gundogan, K.De Bruyne et/ou parfois E.Haaland.

Seconde possibilité lors d’un pressing efficace de la part du Bayern, I.Gundogan ou K.De Bruyne (en fonction du côté ou est le ballon) prennent de la largeur afin d’attirer J.Kimmich/L.Goretzka pour ouvrir l’espace intérieur.

Lorsque cette passe est trouvée vers un des trois offensifs, alors cette déclenche les sprints en direction du but adverse de la part des cinq joueurs offensifs. De manière général, un premier joueur est trouvé haut sur le terrain, s’en suit une remise pour un second qui lance un ailier dans la profondeur. Les joueurs de City attaquent les espaces libres créer par les décrochages. Dans l’exemple suivant, on remarque comment le décrochage de E.Haaland permet d’ouvrir un énorme espace pour B.Silva.

L’animation défensive :

Lors des phases défensives, on alors pu assister à un Mancherster City se plaçant en 4-4-2 avec le retour de J.Stones au côté R.Dias et un K.De Bruyne au côté d’E.Haaland afin de presser les centraux munichois. Ce 4-4-2 fut surtout employé lorsque les Munichois réussissaient à sortir de leurs 30 derniers mètres et à tenir une possession médiane.

Cependant, il aura fallu se réajuster par moment pour contrer les montées offensives de A.Davies et le passage à 3 par séquence de la défense munichoise. Heureusement pour P.Guardiola, ces joueurs sont assez intelligents pour répondre facilement à ce genre de variante afin de s’adapter à la dynamique de match. J.Stones ou R.Dias n’hésitent pas à suivre les décrochages des joueurs munichois, J.Musiala ou S.Gnabry, afin suivre le pressing instauré par les offensifs Cityzens.

Dernier point sur l’aspect défensif, le repli. Durant ce match, les courses de repli défensif effectué par les Cityzens sont impressionnantes. Lors de perte de balle, ils arrivent en quelques secondes à effectuer un sprint de repli et à se regrouper devant le ballon. Ces transitions attaque/défense sont parmi ce qui se fait de mieux en matière de transition aujourd’hui et montre l’intensité que Manchester City est capable de mettre sur une rencontre clé. De manière générale, seuls E.Haaland et K.De Bruyne sont un peu plus à la traîne lors de ces replis.

Le concept :

Pep Guardiola est sans doute le meilleur entraîneur en activité depuis plusieurs années maintenant. Après une domination implacable pendant plusieurs années avec le FC Barcelone et son Tiki-Taka, Pep Guardiola a sut se réinventer et s’adapter aux nouvelles composantes du football moderne. Comme dirait l’autre, “Le football il a changé”... Et ce n’est pas pour nous déplaire. Plus d’intensité, plus de spectacle, voilà ce qui pourrait définir le City de Guardiola.

Deux des grands principes du City de Guardiola sont les jeux en triangle et la profondeur ainsi que l’isolation des ailiers pour créer des 1vs1.

Le premier correspond à une séquence de jeu que Manchester City utilise beaucoup pour venir à bout de bloc bas. Un jeu en triangle s’effectue entre le défenseur central jouant assez haut, qui transmet à son attaquant ou un milieu offensif et qui remise sur un milieu relayeur/défensif. Le décrochage attire les défenseurs adverses et permet à certains joueurs que sont les ailiers ou les milieux offensifs de plonger dans le dos de la défense. La qualité technique de Manchester City leur permet de faire passer des ballons au-dessus de la défense même lorsque l’espace est cependant réduit.

L’isolation des ailiers pour créer des 1vs1 est le second principe que Pep Guardiola souhaite mettre en place lors de la création de son animation offensive. L’intérêt de mettre les joueurs faisant la différence dans les meilleures dispositions pour être influent. Pour que ceux-ci soient servis dans les meilleures dispositions, c’est-à-dire libre et avec de l’espace pour provoquer le défenseur, les milieux axiaux et attaquants de City effectuent des courses dans la profondeur dans le demi-espace pour ouvrir les lignes de passes et les espaces intérieurs.

Conclusion :

Avec ce genre de prestation, Manchester City se place clairement comme le grand favori à la victoire finale en Champions League. La possibilité d’une finale avant l’heure avec la perspective d’une demi-finale contre le Real de Madrid si celui-ci se qualifie contre le FC Chelsea nous offrira sans doute la double confrontation la plus attendue de l’année.

Côté Bayern Munich, cette défaite ne fait que confirmer les doutes affichés avant le départ de J.Nagelsmann. Pas facile de leur reprocher énormément de choses car ils auront fait face à la meilleure équipe en activité. En effet, jouer face à Manchester City impose de ne commettre que très peu d’erreurs, et celle de D.Upamecano aura été fatale au Munichois, entraînant le troisième but.

Quelques remarques sur le FC Bayern :

Bien qu’ayant été sérieux pendant prés de 70min, les Munichois ont pris l’eau en cette fin de match. L’intensité produites par les Cityzens aura été trop forte pour réellement prendre l’avantage dans cette rencontre. Quelques joueurs ne semblent pas au niveau de ce genre de rencontres de classe mondiale.
De plus cette équipe ne semble pas posséder assez de certitudes pour espérer beaucoup dans cette compétition. Il faudra à T.Tuchel du temps et de certains investissements pour combler certaines lacunes de cette équipe bavaroise.

Mon coaching gagnant : 

Le plan de Thomas Tuchel est plutôt à salué lors de cette rencontre. S’étant aperçu de la supériorité des cityzens à l’intérieur du jeu, il a alors opté pour un 4-2-3-1 permettant de fermer les espaces intérieurs et d’être en place pour effectuer des transitions rapides.

Malheureusement, malgré un plan de jeu bien établi, les qualités individuelles des joueurs de Manchester City ont pris le dessus sur celle des joueurs Munichois. 

Peut-être un petit bémol à remarquer, le choix de laisser D.Upamecano s’occuper des premières relances est selon moi plutôt risquer. Sur une des rares opportunités du Bayern en seconde période, c’est sur une passe de M.De Ligt que cette offensive se lance.

Pour finir, il faudra prendre des risques à l’Allianz Arena. J’espère que Thomas Tuchel demandera à ses joueurs de prendre des risques sur le pressing, quitte à rester en 1vs1 avec E.Haaland.

Les hommes du match :

John Stones :

Une révélation dans ce poste de numéro 6 hybride. Il prend une dimension totalement différente dans ce 11 de Pep Guardiola. Très intelligent, il se déplace parfaitement pour offrir une solution à ces partenaires. De plus, ces quelques sautes de concentration sont maintenant masquées par ce positionnement plus avancé.

Leroy Sané :

Le plus Citizens des Munichois. Ce soir Leroy Sané semblait prendre la dimension de ce match. Par séquence, il semble inarrêtable et pouvant marquer de n’importe quelle position. Malheureusement, par séquence, il devient invisible. Cette inconstance est dommageable, car on ne peut s’empêcher de penser ce que cela donnerait avec des matchs pleins sur une saison pleine.

Ilkay Gundogan :

Avec un rôle plus discret, I.Gundogan n’en reste pas moins essentiel au bon fonctionnement de cette équipe de Manchester City. Encore une fois, trés intelligent dans ces déplacements, son placement et son anticipation pour contrer les premières offensives Munichoises.

En Profondeur

Par Gregoire Redureau

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